Le problème, c’est votre pilote automatique
Le problème, c’est votre pilote automatique
Pourquoi on se trompe précisément quand ça compte le plus
Pourquoi on se trompe précisément quand ça compte le plus
Pourquoi on se trompe précisément quand ça compte le plus
Quelque part entre Munich et Milan, j’ai compris que la journée allait être longue.
Des heures de route. Mon collègue côté passager, ordinateur ouvert, en train de planifier la configuration des démos pour le press tour du lendemain. Très structuré. Très carré. Le type de personne qui dort mieux quand tout est sous contrôle.
Je respecte beaucoup ça chez lui, mais je savais que ça allait coincer.
Comment expliquer la culture business italienne à quelqu’un qui voit le “small talk” comme une perte de temps ?
J’ai quand même essayé.
“Quand on arrive, l’équipe va vouloir prendre un moment. Discuter, boire un café. Ce n’est pas une option — c’est comme ça que ça marche en Italie. Si on attaque direct avec les ordis, ils vont aider… mais à minima. Donne-moi 30 minutes de relation, et ils feront beaucoup plus.”
Il hoche la tête. “Oui, bien sûr.”
J’ai voulu y croire.
On arrive au bureau à Milan. Accueil chaleureux. Espresso. Énergie italienne. Ça parle, ça rit.
Mon collègue tient… quatre minutes.
Je le vois basculer : le regard vers la montre, les yeux sur le matériel. Et puis la question, trop tôt :
“On peut commencer à préparer les machines ?”
Personne ne dit rien. Mais tout change.
Ils aident, oui. Mais sans envie.
On les a perdus en quelques minutes.
Pas parce qu’il est impoli. Pas parce qu’il s’en fiche. Mais parce que, sous pression, il revient à son réflexe : contrôler, optimiser, exécuter.
Dans cette pièce, la relation ressemblait à du bruit inutile. Alors il l’a coupée.
Le problème, ce n’est pas votre style. C’est que vous ne le choisissez pas.
Quand ça compte vraiment, on ne décide plus. On revient à ce qui nous est naturel. Et souvent… ce n’est pas ce qu’il fallait dans ce moment-là.
On n’a jamais vraiment débriefé tous les deux. Lui est passé à la suite — la prochaine démo, la prochaine checklist.
Moi, je suis resté avec une question :
Qu’est-ce que j’aurais pu faire différemment dans cette voiture ?
Pas pour le changer. Mais pour lui parler dans son langage.
Pas “ce sera sympa”. Mais “si on ne fait pas ça, on perd du temps derrière”.
Des conséquences concrètes.
J’avais compris la situation. Mais je n’avais pas utilisé le bon levier.
Les meilleurs managers ne changent pas de personnalité.
Ils élargissent leur palette. Ils savent quand créer du lien et quand aller droit au but.
Ça commence par de la conscience. Puis de la pratique.
Et un jour, ça devient un choix. Au lieu d’un réflexe.
Mon collègue, lui, n’en a jamais rien su.
Comme la plupart d’entre nous, quand notre pilote automatique prend le relais.
Quelque part entre Munich et Milan, j’ai compris que la journée allait être longue.
Des heures de route. Mon collègue côté passager, ordinateur ouvert, en train de planifier la configuration des démos pour le press tour du lendemain. Très structuré. Très carré. Le type de personne qui dort mieux quand tout est sous contrôle.
Je respecte beaucoup ça chez lui, mais je savais que ça allait coincer.
Comment expliquer la culture business italienne à quelqu’un qui voit le “small talk” comme une perte de temps ?
J’ai quand même essayé.
“Quand on arrive, l’équipe va vouloir prendre un moment. Discuter, boire un café. Ce n’est pas une option — c’est comme ça que ça marche en Italie. Si on attaque direct avec les ordis, ils vont aider… mais à minima. Donne-moi 30 minutes de relation, et ils feront beaucoup plus.”
Il hoche la tête. “Oui, bien sûr.”
J’ai voulu y croire.
On arrive au bureau à Milan. Accueil chaleureux. Espresso. Énergie italienne. Ça parle, ça rit.
Mon collègue tient… quatre minutes.
Je le vois basculer : le regard vers la montre, les yeux sur le matériel. Et puis la question, trop tôt :
“On peut commencer à préparer les machines ?”
Personne ne dit rien. Mais tout change.
Ils aident, oui. Mais sans envie.
On les a perdus en quelques minutes.
Pas parce qu’il est impoli. Pas parce qu’il s’en fiche. Mais parce que, sous pression, il revient à son réflexe : contrôler, optimiser, exécuter.
Dans cette pièce, la relation ressemblait à du bruit inutile. Alors il l’a coupée.
Le problème, ce n’est pas votre style. C’est que vous ne le choisissez pas.
Quand ça compte vraiment, on ne décide plus. On revient à ce qui nous est naturel. Et souvent… ce n’est pas ce qu’il fallait dans ce moment-là.
On n’a jamais vraiment débriefé tous les deux. Lui est passé à la suite — la prochaine démo, la prochaine checklist.
Moi, je suis resté avec une question :
Qu’est-ce que j’aurais pu faire différemment dans cette voiture ?
Pas pour le changer. Mais pour lui parler dans son langage.
Pas “ce sera sympa”. Mais “si on ne fait pas ça, on perd du temps derrière”.
Des conséquences concrètes.
J’avais compris la situation. Mais je n’avais pas utilisé le bon levier.
Les meilleurs managers ne changent pas de personnalité.
Ils élargissent leur palette. Ils savent quand créer du lien et quand aller droit au but.
Ça commence par de la conscience. Puis de la pratique.
Et un jour, ça devient un choix. Au lieu d’un réflexe.
Mon collègue, lui, n’en a jamais rien su.
Comme la plupart d’entre nous, quand notre pilote automatique prend le relais.
Ne ratez pas ma Newsletter
Abonnez-vous et recevez mes actualités et contenus exclusifs.

